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Violence à l'école

Violences à l'école et loi SRU  

par Thomas Legrand, France Inter 

Et faut il entrer dans ce débat absurde de la « sanctuarisation » de l’école, comme si l’école devait être un havre, plus que la famille, plus que l’hôpital, que le stade, que le bureau, l’usine, les administrations, les commerces, les maisons de retraite, les maternités, plus que les salles de cinéma, plus que la cité ? Si l’école est violente c’est que la société est violente et cette drôle d’idée de vouloir sanctuariser l’école revient à accepter la violence ailleurs. Et puis que veut dire « l’école est violente » ? Est-elle plus violente qu’il y a 20 ans, personne ne peut l’affirmer, on ne sait pas mesurer la violence quotidienne, les insultes, les crachats, les incivilités. On ne savait mesurer avant les brimades, les racismes sociaux, les coups de règles sur les doigts, les effets parfois d’une pédagogie du dressage. La question de savoir si l’école est plus violente qu’avant est vaine puisque la société a fondamentalement changé, le taux de scolarisation d’une classe d’âge au lycée aussi. La question serait plutôt de savoir où l’école est elle la plus violente ? Dans quelle ville ? Dans quel quartier la violence atteint elle l’inadmissible ? L’école est de plus en plus violente, à l’évidence, dans les quartiers que l’on dit « difficiles » (on dit « difficile » pour ne pas dire « pauvre »)… plus, évidement que dans la plupart des villes moyennes, dans les quartiers « faciles » (tiens vous avez remarqué, on ne dit pas « faciles » pour les quartiers riches). Inversons le vocabulaire, juste pour voir. Quand c’est « riche », on dira « facile » et quand c’est « difficile », on dira « pauvre »…histoire de changer de lunettes!… un acte de violence dans une école de quartier « facile » c’est un fait divers, un acte de violence dans une école d’un quartier pauvre c’est un signe des temps, une plaie de la société, un drame social. On remarque que plus de 50% des violences constatées se déroulent dans moins de 10% des établissements. Ces 10% sont dans des cités pauvres… alors la vie scolaire est relativement calme dans les villes « faciles ». Moralité ce n’est pas tant une question d’éducation, ce n’est pas tant une question de perte de je ne sais quelle valeur, qu’une question d’urbanisme et d’aménagement du territoire !

Si la loi SRU était respectée il y aurait au moins 20% de logement sociaux dans chaque grande ville. De quoi largement raser les cités, les ghettos sociaux, les zones de non-droits. Les villes faciles (ça fait drôle, « les villes faciles ») donc les villes faciles préfèrent payer l’amende qui leur permet de ne pas respecter la loi. C’est assez savoureux de constater qu’une partie de la raison de l’émergence de zones de non droit est dûe au non respect de la loi par beaucoup de villes bien sages et bien calmes. Donc la loi SRU n’est pas respectée. quand on en parle aux élus, on a l’impression que tendre vers 20% de logements sociaux partout c’est plus compliqué que d’installer une station balnéaire sur Mars. Ça ne se fera pas, dont acte. Nicolas Sarkozy avait proposé une autre solution, un plan Marshall pour les banlieues. Et là nous sommes au cœur de la question du rapport entre les mots et les faits en politique. Le plan Marshall n’est pas venu ! Quand on oppose cette vérité à certains ministres (nous l’avons fait récemment ici même face à Eric Besson) il vous répondent, en globalisant toutes sortes de crédit que 40 milliards ont été dépensés ou sont prévus pour la rénovation urbaine au sens large. C'est-à-dire qu’un plan Marshall a eu lieu ou est en cours et personne ne s’en rend compte. Plus généralement on nous répond quelque chose comme « entre l’annonce du plan Marshall et aujourd’hui, il y a eu la crise, il n’y a plus d’argent ». En gros on ne fait pas de plan Marshall en temps de crise, c’est un peu comme si un médecin vous répondait, « je ne peux pas vous opérer pendant que vous êtes malade »… c’est assez inaudible pour ceux qui vivent dans les quartiers pauvres… surtout que le plan Marshall est au programme d’histoire au lycée…

 

Maldives

Ah! bravo Cécile Duflot! J'apprends que tu as passé les vacances de Noël aux Maldives (Canard Enchaîné), un archipel menacé de disparaître sous les eaux pour cause de réchauffement climatique. Quand on aspire à de hautes fonctions, il me semble que l'on doit avoir valeur d'exemple... (Cécile Duflot s'est défendue contre ces critiques, voir l'article)

Outre l'empreinte écologique d'un tel voyage, il y a son coût financier. La crise bat son plein, les Français se serrent encore plus la ceinture que d'habitude, le nombre de chômeurs ne cesse d'augmenter... s'offrir des vacances si onéreuses n'est pas du meilleur goût pour le leader d'un parti de gauche.

Et René Dumont, lui, où partait-il en vacances à Noël ?

Terra Eco

Je découvre ce mensuel intéressant, même si je ne suis pas d'accord avec tout.

Masaï

Un article de Marc Perelman, envoyé spécial de Marianne (30 janvier 2010) sur les menaces qui pèsent sur le peuple Masaï, chassés de leurs terres par le gouvernement tanzanien, pour favoriser le tourisme (safaris). Résumé de cet article ici.

Rien n'a changé

Les 2600 traders de la Société Générale vont toucher 550 millions d'euros de primes (et non 250 comme annoncé au 20h de TF1). Et les 4000 traders de BNP Paribas 1 milliard d'euros.

Le PS a dénoncé, hier dans un communiqué, ces «montants pharaoniques» qui «démontrent que les excès ont repris comme avant la crise financière». (Nathalie Raulin, Libération) 

Eric Besson

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