Emission sur la réalité humaine des hôtels super économiques. Les salariés y subissent une très forte pression, beaucoup n'ont même pas souhaité témoigner.
Une employée d'entretien affirme devoir faire 5 chambres par heure, soit à peine 12 minutes par chambre. Elle n'a jamais de CDI, et les CDD peuvent être de très courte durée (1 jour).
Une autre a dû y travailler deux Noëls de suite.
Les ravages du low cost sont analysés dans un livre, No low cost, réflexion qui se poursuit sur le blog du même nom.
Sur le thème de la vie des femmes de ménage, voir le livre de Florence Aubenas Le quai de Ouistreham (dont la presse a largement rendu compte du fait de la "popularité" de son auteur).
(par Bruno Fay et Stéphane Reynaud, éditions du Moment)
Arnaque et mise en danger de la santé des clients, surexploitation des salariés, mépris total de l'environnement... et croissance à deux chiffres. C'est le monde du low cost, qui gagne chaque jour du terrain. Ce livre, qui donne froid dans le dos, prend le contre-pied du rapport remis en 2007 par Charles Begbeider au secrétaire d'Etat à la Consommation sur "Le low cost, un levier pour le pouvoir d'achat".
Celui qui était alors président de Poweo, société chargée de casser les prix de l'électricité, faisait un vibrant plaidoyer pour le hard discount, tout en concédant que "le modèle économique des low cost met l'accent sur la productivité des employés, [qui] ne bénéficient pas toujours du système de protection sociale français" et que "la politique salariale de Ryanair est marquée par le refus de toute activité syndicale".
En fait, si l'on met à part quelques entreprises comme Ikéa, qui ont su baisser les prix en innovant vraiment, sans dégrader la qualité des produits ni surexploiter leurs salariés, le fonctionnement du low cost est effrayant: produits d'alimentation trafiqués à la limite de la légalité, harcèlement moral du personnel, temps partiel imposé pour les trois quarts des employés de Lidl, Aldi ou Leader Price... Un livre à lire d'urgence.
Marc Mousli (Alternatives économiques)
A noter que même chez Ikéa, les choses se dégradent pour les salariés, comme en témoigne la grève récente.