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crash avion sur EPR

20/05/2006 : Ouest France
Le futur réacteur n'est pas adapté au crash d'un avion de ligne



Selon John H. Large, expert en sécurité nucléaire invité par le collectif EPR non merci, le futur réacteur n'est pas adapté au crash d'un avion de ligne. «On peut remercier la DST: grâce à eux, le document d'EDF classé Confidentiel défense est publié partout dans le monde.» Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire qui a passé 15 heures en garde à
vue mardi à Bordeaux (lire Ouest-France de vendredi), était à Flamanville hier après-midi, invité par Greenpeace et le Collectif anti-EPR. Il est revenu sur «une tentative d'intimidation au moment où on va lancer l'enquête publique pour la construction du réacteur EPR, qui n'a servi à rien au vu de la réaction qui a suivi, permettant la large diffusion du document.» Et ce document Confidentiel défense, c'est un autre invité qui l'a décrypté hier. Il s'agit de John H. Large, expert britannique en sécurité nucléaire, qui est aux côtés des écologistes quand il s'agit de dire que le réacteur EPR «ne résisterait pas au crash d'un avion de ligne». Selon lui, les calculs faits par EDF pour concevoir le réacteur 3e génération ont été réalisés à partir de l'exemple d'un «avion militaire de 2 à 5 tonnes, qui transporte une tonne de kérosène. Un gros-porteur de l'aviation civile fait entre 120 et 220 tonnes, et transporte 100 à 180 tonnes de kérosène. Extrapoler de l'un à l'autre, comme le fait EDF, n'est pas possible. Par exemple, on nous dit que le carburant brûlerait en totalité en 2 minutes. On ne pense pas aux vapeurs qui peuvent se disperser provoquant une situation explosive.»
John H. Large estime que même si le dôme protégeant le réacteur résistait à l'impact, «le choc ferait vibrer les structuresinternes, provoquant des dysfonctionnements qui pourraient, pas exemple, empêcher le fonctionnement des barres de contrôle du coeur.» L'expert estime encore qu'un autre risque n'est pas pris en compte. «A côté du bâtiment réacteur, le site accueillera une piscine de refroidissement, qui est très vulnérable et pourra contenir plusieurs centaines de tonnes de combustible.» Il affirme aussi que «l'erreur d'EDF est de se baser sur un scénario exactement identique à celui du World Trade Center. Or rien ne dit que le même mode opératoire serait utilisé en cas d'attentat.»
En conclusion, John H. Large estime que «les centrales nucléaires sont des cibles très attractives pour les terroristes», et que les conséquences «d'un crash d'avion seraient calamiteuses».

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