Les Amis de la Terre et Greenpeace ne participeront pas au débat sur la transition énergétique. Voici leurs communiqués.
Les Amis de la Terre
La première des raisons qui fonde notre décision est la désignation par le gouvernement, sans aucune concertation, des membres du comité de pilotage de ce débat. Sur les cinq personnes désignées, deux ont été parmi les principaux promoteurs du nucléaire en France et dans le monde : Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva, et Pascal Colombani, ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique. Ceci est pour nous inadmissible après Fukushima, face au danger et au manque total de transparence démocratique que représente cette énergie. En contrepartie, aucune place n’a été faite à des représentants actuels de la société civile et des alternatives énergétiques.
Ce choix montre d’une manière très caricaturale quelles seront les orientations du futur débat. Il dicte d’avance les conclusions qui en seront tirées, et ferme la porte à la prise en compte de nos propositions.
De plus, en six mois de mandat, le gouvernement a multiplié les signaux négatifs. En effet, les décisions prises sur le nucléaire, la crispation incompréhensible sur le projet de Notre-Dame-des-Landes, l’éventualité d’une exploitation des gaz de schiste qui reste toujours sous-jacente sont des exemples de mesures et de projets opposés à la transition énergétique.
Le pivot central de ce débat devrait être constitué autour des économies d’énergie et la dilapidation des ressources. Donc, avant tout autre sujet, ce débat doit fixer des choix de société qui portent sur les économies et la maîtrise de l’énergie. Des options qui doivent être décidées par les citoyens. Il est impératif que ce débat ne s’inscrive pas dans une logique de validation des options portées par les seuls acteurs économiques, comme le réclame le MEDEF.
Comment organiser la représentativité citoyenne dans ce débat ? Comment garantir une participation citoyenne exempte des intérêts particuliers des questions traitées ? Autant de questions occultées par le gouvernement. Dans un tel contexte, les conditions d’un débat public ouvert et sincère ne sont pas réunies, ce que nous sommes amenés à dénoncer en ne participant pas à ce simulacre de concertation.
En quittant cette « concertation », les Amis de la Terre ne se désintéressent d’aucune façon du débat sur la question énergétique. Nous serons très attentifs aux « délibérations citoyennes » qui devraient débuter en février prochain et avoir lieu dans tout le pays dans le cadre du débat général, de même que nous examinerons avec la plus grande attention le contenu de la future loi de programmation énergétique, et continuerons à avancer nos solutions de transition énergétique, qui ne pourra se réaliser que dans le cadre d’une transition écologique beaucoup plus large, soutenable et solidaire.
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Greenpeace
le 13 November 2012
Hier soir, 12 novembre, des représentants de Greenpeace France étaient en rendez-vous avec Delphine Batho. Un rendez-vous que nous avions sollicité, le 10 novembre, suite à l’annonce des noms des “sages” composant le comité de pilotage du débat.
La composition du comité de pilotage nous avait alarmés : le secteur de l’entreprise est uniquement représenté sous l’angle des grands producteurs d’énergies sales, alors même que la transition énergétique concerne et bénéficie aux producteurs d’énergies renouvelables, aux PME et aux entreprises spécialisées dans les économies d’énergie.
À l’issue du rendez-vous, Greenpeace a décidé de ne pas participer au débat sur l’énergie.
L’entrevue avec Delphine Batho ne nous a pas rassurés. Aucune de nos demandes ou questions à la ministre sur l’organisation et le cadre de ce débat n’a été satisfaite, notamment l’indépendance et l’ouverture à d’autres acteurs du comité de pilotage.
Nous avons choisi : dans ces conditions, nous ne voulons pas servir une fois de plus de “caution verte” à un débat et un processus dont on craint que les conclusions seraient déjà décidées par d’autres.
Greenpeace ne refuse ni le débat ni la discussion. Nous avons par le passé participé au Grenelle ou récemment à la conférence environnementale. Nous participons à divers organes de concertation avec les industriels notamment sur l’énergie nucléaire. Mais les résultats des 6 premiers mois de mandat de François Hollande et de son équipe nous ont fixés : nous n’avons plus confiance.
L’entêtement sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les aides aux agrocarburants, la volonté de Delphine Batho de mener à bien des travaux coûteux et inutiles sur la centrale de Fessenheim malgré l’annonce de sa fermeture officiellement programmée pour 2016 ou l’inaction pour aider au développement des énergies renouvelables sont autant de mauvais signes pour le débat sur l’énergie à venir.
Nous continuerons donc de faire campagne partout où ce sera nécessaire pour défendre notre vision de la transition énergétique …