• Mes griefs contre les multiplexes sont somme toute assez classiques:

    - Le spectateur y est traité comme un consommateur, qui doit ingurgiter boisson, pop corn, jeux et accessoirement un film.

    - Les caissiers sont peu à peu remplacés par des caisses automatiques, avec l'argument massue que m'a sorti un hôte d'accueil: "si vous pré-achetez vos places, vous allez directement à la billeterie automatique, et vous n'avez plus besoin de faire la queue aux caisses." La démonstration est d'une limpidité douteuse, car en effet s'il y a du monde aux caisses, c'est que tout simplement des postes de caissiers ont déjà été supprimés!

    - La programmation y est standardisée, blockbusterisée. Existe-t-il seulement un multiplexe dans tout le pays programmant actuellement Le voyage du ballon rouge ? A l'inverse, existe-t-il un seul multiplexe ne diffusant pas Astérix aux jeux olympiques ? La standardisation de la culture témoigne d'une volonté de rendre les esprits plus dociles. Et un peuple docile est un peuple qui ne manifeste pas.

    - Les multiplexes contribuent à l'uniformisation bétonnée de nos banlieues: ils sévissent dans d'immondes blockhaus entourés de parkings, jouxtant des centres commerciaux tous plus moches les uns que les autres. De plus, l'étalement urbain rend quasiment obligatoire l'utilisation de la bagnole pour accéder à ces supermarchés du cinéma, mais pas de panique, de chaleureux parkings justement accueillent nos symboles motorisés de l'hyperindividualisme. Tout est si bien organisé dans le monde merveilleux de la culture uniformisée!

    - La multiplication des multiplexes rend précaire l'existence de salles indépendantes à la programmation plus originale.

    - Les prix des places sont exagérément élevés: 10 euros la place de ciné!

    - Non seulement le spectateur a payé sa place a prix d'or, consommé des produits (soda, confiseries...) qu'il n'avait peut-être pas l'intention d'acheter au départ, mais en plus il doit encore avaler de la publicité avant le film! Un comble: payer pour voir de la pub! Mais bon, comme on lui a dit que la publicité c'est bon pour la consommation, et que la demande intérieure crée de l'activité qui fait baisser le chômage, le spectateur regarde gentiment la publicité. (Sans compter les logos de marques présents dans le film lui-même.)

     - Les nuisances sonores dues aux bouffeurs de pop corn sont une menace pour la paix civile.

    Ci-dessous, la fin du message de Mathieu Amalric qui n'a pas été lue lors de la cérémonie des Césars (l'acteur était en tournage à Panama):

    «Insupportable "trompe-l'œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d'horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu'un dans un multiplexe ? Pas moi. D'ailleurs c'est impossible, ce qui compte c'est le flux. "Circulez s'il vous plaît, y'a rien à voir." Au suivant ! bande de brêles. Alors que le travail souterrain, patient, divers, dédié au public, aux écoles, aux rencontres que font et ont envie de faire tellement d'exploitants de salle se voit de plus en plus nié aujourd'hui.La Question humaine [de Nicolas Klotz, dans lequel Amalric tient le premier rôle, ndlr] n'aurait par exemple jamais fait autant d'entrées sans le travail de curiosité des exploitants de province et de l'Acrif [ Association des cinémas de recherche d'Ile-de-France ]. Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons. Sinon... Sinon on va tous finir devant nos home cinémas à se tripoter la nouille... Bons baisers de Panamá.» Les propos entre crochets sont de liberation.fr


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  • Plus d'un adulte sur cent se trouve actuellement derrière les barreaux aux Etats-Unis, qui détiennent ainsi la plus importante population carcérale de la planète, selon un rapport publié, jeudi 28 février, par le Pew Center, un think tank étudiant les politiques publiques. La population carcérale américaine s'élevait l'an dernier à quelque 2,3 millions de personnes, sur une population adulte de 230 millions de personnes, soit le taux le plus élevé dans l'histoire américaine.

    Alors qu'un adulte américain blanc sur 106 est incarcéré, c'est un Hispanique sur 36 et un Afro-Américain sur 15 qui sont en prison.

    Par comparaison, la Chine, avec une population de plus d'un milliard de personnes arrive en deuxième position avec 1,5 million de prisonniers, suivie de la Russie avec 890 000 de personnes détenues pour 142 millions d'habitants.

    Un durcissement de la loi, avec notamment des mesures augmentant nettement la durée d'incarcération pour les récidives, a fait exploser la population carcérale, davantage qu'une augmentation de la criminalité, indique le rapport.

    Au cours des vingt dernières années, le FBI indique que le nombre des crimes violents a chuté de 25 %, passant de 612,5 pour 100 000 personnes en 1987 à 464 pour 100 000 personnes, selon Paul Cassell, professeur de droit à l'université de l'Utah et ancien juge fédéral.

    lemonde.fr


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  • Le régie publicitaire de la RATP (Metrobus) a refusé une affiche qui reproduisait la une de l'hebdomadaire Courrier International, sur laquelle figurait ce titre: «Vu de Madrid: Sarkozy, ce grand malade».
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    Au lendemain de la censure partielle par le Conseil constitutionnel de la loi sur la rétention de sûreté, Nicolas Sarkozy a demandé au premier président de la Cour de cassation, vendredi 22 février, de lui faire "toutes les propositions" pour permettre "une application immédiate" du texte.
    L'annonce de la décision présidentielle a provoqué la stupéfaction de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire dans la profession. "C'est une décision ahurissante, unique dans l'histoire de la Ve République", a estimé son secrétaire général, Laurent Bedouet. "Jamais un président n'a demandé au président de la Cour de cassation comment contourner une décision du Conseil constitutionnel", a-t-il ajouté. Il a rappelé l'article 62 de la Constitution, qui stipule que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours.
     
     

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